Qui n’a jamais rêvé d’améliorer une langue en si peu de temps ? De rencontrer toutes les
nationalités au sein de son équipe de travail, dans sa vie quotidienne et ses sorties ?
Saviez-vous aussi, quand plein cœur de la méditerranée, au carrefour des routes maritimes,
existait le plus petit pays d’Europe ? Pensiez-vous joindre un jour l’anglais et le soleil nord africain ?
« entre Orient et
Occident »
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Enveloppée d’une eau turquoise et
transparente, c’est au large de la Sicile et de la Tunisie, entre Orient et Occident qu’existe un archipel au caractère et à la sensibilité latino arabe. Aucune civilisation n’a dévié son
chemin en y laissant à chaque fois son empreinte : une histoire latine, une bonne culture Européenne, le caractère des orientaux, et la rigueur anglo-saxonne. Ils se lient d’amitié pour
créer avec harmonie, MALTE, voilà l’esprit des lieux !
Voyage et arrivée.
C’est à 4 étudiants de l’INSEEC Bordeaux
que nous nous sommes envolés en ce début du mois de Juillet et deux d’entre nous n’avais jamais pris l’avion. Autant vous dire que faire son baptême de l’air avec une compagnie maltaise cela
rend perplexe. Nous avons réussi à disparaître du sol Français même avec mes 45 Kilos de bagages ! Ouf ! Aterrissage en bonne et due forme.
Après trois petites heures d’avion et
aucun décalage horaire, nous nous sommes posés sur cette terre inconnue et chaude. Première impression : « même à 11h du soir une chaleur
étouffante presque assommante. »
Le climat de l’île est un savant mélange du souffle du
siroco d’Afrique et d’une touche d’humidité méridionale. Fini les pulls et les manteaux, moyenne journalière, 38° à l’ombre.
Depuis la préhistoire la situation
stratégique de ce rocher lui a valu les convoitises de tous les peuples commerçants et guerriers, de l’ordre de Malte. La grande difficulté pour définir sa culture et son histoire par sa
complexité donne à cet endroit une atmosphère unique en son genre, rare et incomparable.
Les amoureux de
l’authenticité craqueront pour l’île grâce à ces nombreux logements que propose l’office du tourisme. La colocation est le moyen économique que
nous avons utilisé en vivant dans une vieille et typique maison maltaise datant de la colonisation anglaise. La décoration influencée par la religion
catholique très présente rend ces lieux très…. MAGIQUES !
Pour les transports, c’est conduite à
gauche et gare aux étourdis ! Le réseau de bus offre un excellent moyen de circulation. Cependant, ayez le cœur solide pour prendre ces engins
jaunes où le conducteur souvent pieds nus, est au téléphone et roule la porte ouverte : sensations garanties. Les chauffeurs sont mauvais en mathématique et oublient pour les touristes de
rendre quelques centimes.
C‘est le moyen de transport le plus utilisé pour visiter. Il vous mènera vers des sites d’une beauté et d’une
grandeur à vous couper le souffle. Visites oui, mais activités aussi ! La plongée sous marine est l’une des plus pratiquées. J’ai, sous 8 mètres de profondeur, fait la rencontre d’une vie
sous marine riche et d’une immensité qui nous calme, la MER !
Déroulement du stage
Une prospection très rapide a été
effectuée dès le 2ème jour sur l’île et suffisante car la première entreprise rencontrée a accepté de me prendre à l’essai. En début de saison, tous ce qui touche au tourisme est
rempli d’occasions d’emploi.
J’ai donc fait mon stage au sein d’une entreprise familiale, Paul’s sea breeze
restaurante, 75ème année d’ouverture, 40 salariés, 100 tables, 2 piscines, 3 bars, 38 chaises longues et la mer aux alentours.
J’étais « Waitress », gérante
d’un bar. Je n’avais pas l’expérience, peu importe pourvu qu’il y ait la motivation. Il y en a fallu, car ce travail n’offrait pas les conditions les plus avantageuses.
Mes collègues ?
Toutes les nationalités étaient représentées : Russe, Polonaise, Slovaque, Italienne,
Espagnole, Allemande, et j’en oublie sûrement.
C’est donc dans une ambiance familiale et
estivale que nous avons pu travailler tous les jours sans exception, main dans la main en faisant abstraction de la barrière des langues en parlant anglais.
« Tout étranger souhaitant exercer une activité à Malte qu’il soit rémunéré ou non
doit être titulaire d’un permis de travail délivrer par le ministère de l’intérieur. »
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Les conditions de travail sur l’île sont
difficiles et peut être le prix à payer pour vivre quelques temps dans un endroit paradisiaque. C’est le revers de la médaille. La flexibilité des horaires donnés la veille pour le lendemain,
le SMIC horaire de 3 euros avec des tarifs équivalents aux européens, l’absence de contrat de travail, 60 heures par semaine en moyenne… Non ! pas de place pour regarder le paysage qui
nous entoure.
Mon patron, Paul, m’a toujours dit que si je n’arrivais pas à travailler ce n’était pas grave car il
y a 5 personnes qui attendent ! C’est comme cela le travail, il faut faire confiance, être
efficace et s’intégrer rapidement à l’esprit maltais et le tour est joué.
L’Anglais et le Maltais sont les langues officielles de l’île. D’ailleurs, les autochtones parlent de
moins en moins leur langue natale car unique au monde et les écoles effectuent près de 50% des cours en anglais. Les enfants parlent entre eux la langue apprise à l’école. Est-ce la perte d’une
identité ? « J’ai toujours parlé l’anglais avec tout le monde, je vois maintenant l’importance de l’apprendre et de bien la parler pour me
faire comprendre de tous. C’est l’ouverture à l’international, une autre vision du monde. »
La gastronomie
Le menu que je proposais offrait des
douceurs typiques et des plats touristiques basiques. La gastronomie maltaise est essentiellement méditerranéenne et influencée par la toute proche Sicile, ce qui équivaut à beaucoup de pâtes,
pizzas et pâtisseries au miel et aux amandes. L’influence britannique se fait sentir dans les viandes rôties, grillées ainsi que l’incontournable
« fish and chips ». La mer apporte une touche raffinée avec maints poissons et fruits de mer très frais, bien sûr. Le pastizzi est un friand fourré de ricotta (fromage), olives et
anchois. Cette denrée ne vaut pas fortune néanmoins elle rempli le ventre des jeunes. Ne partez pas à Malte sans avoir goûté au lapin, un
délice ! Il existe du vin Maltais très réputé mais malheureusement c’est avec une grande déception et une grande fierté de vous annoncer qu’il ne vaut pas le
Bordelais !!
Les rencontres
Avec mon travail, j’ai rencontré des gens formidables que je ne suis pas prête d’oublier.
Par exemple, j’ai trouvé Johanna, une polonaise de 21
ans, qui travaillait avec moi. Elle apprenait l’anglais. Je me suis tout de suite entendu avec elle. Nous avons fait toutes nos visites et sorties ensemble. Elle m’a fait rencontrer ses
colocataires, « l ’Italien », Natacha la russe, les « Frenchy »… Elle s’est installée à Paris cette année pour y apprendre le français, nous nous appelons toujours et
nous nous sommes promis de nous retrouver dans un café parisien.
Christebella est la fille de mes patrons. Je travaillais
tous les jours avec elle. Je me suis attachée à cette jeune fille qui m’aidait pour mon anglais et moi de mon côté qui la soutenait pour son oral de français.
Elle me disait toujours :
« je soui épouïsé ».
C’est grâce à ces rencontres maltaises et de
toutes nationalités que l’on s’amuse à demander ce que les gens pensent des français.
L’image des français à l’étranger est regrettable !
- Nous
sommes snobs.
- Nous
sommes mauvais en langues surtout pour l’anglais.
- Nous
sommes mal polis.
- Nous
ne sommes pas propres
- Nous
aimons les cuisses de grenouilles, le pain, le fromage et le vin.
- Nous
ne savons que dire « NON »
- Nous
sommes radins
Les préjugés sont très importants et l’image des
français pas forcément bonne. Mais rassurez-vous, vous allez passer un bon séjour si vous partez là-bas. Je me suis pour ma part très bien intégrée sur cette île et serai heureuse d’y retourner
un jour pour revoir mon ancien restaurant.
Je retiens de cette expérience une immense découverte, un grand bonheur. Je me
suis ouverte au monde. L’anglais n’est plus une barrière pour moi mais un pont entre les nationalités. J’ai soif de repartir à l’aventure. Ce stage de deux mois a été pour moi un vrai
défi, parler anglais dans un milieu professionnel, l’autonomie à l’international, prendre l’avion, découvrir une nouvelle culture…
C’est une histoire inoubliable. La
construction de mon projet professionnel comme personnel se trouve renforcé. Je suis prête aujourd’hui à affronter d’autres environnements professionnels et internationaux. Les frontières ne
s’arrêtent pas à la France. Non ! Ouvrons nos frontières, le monde est beau !!
Merci à Paul et à l'équipe d'avoir cru en moi, merci à mes quatre colocs avec qui
sans eux le voyage n'aurait pas été le même, merci à l'INSEEC de nous donner la
possibilité de réaliser des expériences inoubliables!!!!
Maricia TAQUET ETE
2006
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